Julian : comment je suis devenu vélotaffeur

Par: Stein van Oosteren

Métro et voiture étaient son quotidien pendant des années. Au mois d’août, Julian (47) est passé au vélo pour faire ses 10 km entre Vincennes et son travail à l’UNESCO dans le 7ième arrondissement à Paris. Une réussite.

Sa conversion s’est faite petit à petit. D’abord l’achat d’un « vrai vélo » un peu plus adapté à sa taille, il y a 4 ans. Juste pour faire des balades de temps en temps. Et puis le déclic. « J’étais allé voir un ami à Londres qui utilisait déjà un vélo électrique pour aller travailler. J’ai essayé, c’était parfait. Là j’ai compris que c’était une solution pour moi. ».

Il n’a pas acheté un vélo électrique tout de suite : d'abord il en a loué un pendant une semaine. Il se rendait compte qu’il gagnait « un temps fou ». Cet essai a fini par le convaincre. Et aussi un ras-le-bol : « foncièrement j’en avais marre d’être dans une voiture ». L’achat était mûrement réfléchi : 3.000 euros ne sont pas rien. Mais l’impact s’est vu très rapidement : « Depuis août j’ai fait un seul plein, avant c’était un plein toutes les deux semaines ! ».


Julian devant son travail à l'UNESCO.


Le gain n’est pas que financier, il se sent mieux dans sa peau aussi. « J’arrive à un âge où il est important de bouger. » Et avec l’assistance électrique je ne transpire pas: « c’est comme une marche active, rien de plus ». Et il y a cette sensation de liberté importante : «j’étais vraiment content de sortir de cette boîte de fer et de me retrouver les cheveux en l’air ».

Son itinéraire lui va. « Seulement le tronçon entre Bercy et la Place d’Italie n’est pas terrible. » Mais en deux mois, il note déjà des améliorations sur son itinéraire. « Une piste très large vient d’être créée depuis Denfert Rochereau. Ca me donne plus de confort, plus de sécurité ». Il attend surtout la réalisation du Réseau Express Vélo (REV) qui permettra aux cyclistes de parcourir la capitale rapidement d’est en ouest et du nord au sud. « Là je changerai probablement mon itinéraire, car ce sera plus direct ».

Est-ce qu’il porte un gilet jaune ? Pas encore. « Ce qui m’intéresse c’est de ne pas avoir l’air d’un cycliste » confie-t-il. A la place, il a acheté une veste plus discrète avec lumière intégrée « mais je ne sais pas si ce sera assez ». Son poncho de 50 euros est resté à la maison jusqu’à présent. « J’ai dû passer entre les gouttes ». 


Son « gadget » qu'il doit encore tester :
une veste avec lumière intégrée devant et à l'arrière.

Un dimanche lors d’un pique-nique, ses voisins d’immeuble l’ont vu partir sur son beau Moustache [marque française de vélo électrique]. « Ils m’ont posé plein de questions par la suite ». Beaucoup hésitent, mais n’osent pas franchir le pas. Son message : « Le vélo se démocratise maintenant. Il y a des Vélib’ partout, tu peux louer des vélos. Essayez ! ».

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Vélo et voiture: des chiffres qui font réfléchir

Pourquoi exagère-t-on la dangerosité du vélo ?

Sécurité vélo: Des casques ou des pistes?